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Un mot de plus dans l'ABCdaire, lettre "S" (ajouté le 12 octobre) |
| Un petit nouveau dans l'ABCdaire, lettre "F" (ajouté le 09 octobre) |
| Extrait: "Tout au long de mon parcours professionnel au service des enfants, j'ai cherché peu à peu à améliorer mon vocabulaire afin de motiver, d'encourager les plus jeunes dans leurs apprentissages en essayant de les valoriser afin que grandisse en eux leur confiance et l'estime de soi..." |
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Dans la vie on ne sait jamais ce qui peut nous arriver.
Tu entres dans la salle de classe comme tous les jours depuis plusieurs années, tu ne t'attends à rien d'inhabituel, rien d'exceptionnel, la routine pas davantage. Même si tu aimes ton boulot et que tu espères chaque jour arriver à motiver cet enfant assis à côté de toi, malgré l'image abimée qu'il s'est fabriqué, et malgré tout le reste, tu sais déjà que ce que tu vas vivre est ordinaire ni plus ni moins, même si, en secret, tu espères... .
Ce jour-là, c'est différent, tu le sens dès que tu t'assois sur cette chaise mal ajustée et que tu comptes les élèves qui viennent s'installer les uns après les autres derrière leur table en bois. 12, tu as bien compté, même pas la moitié d'une classe.
On entendrait presque le silence. Et ce n'est que le début.
L'enseignante prend la parole, sa voix est posée, douce, aimable, bienveillante, ces mots sont réconfortants,rassurants, encourageants. Elle explique simplement à la classe, que tout au long de l' année, pendant les temps ou ils seront en petit groupe comme aujourd'hui, chacun pourra travailler... à son rythme.
Dans la classe, personne ne réagit, personne ne se rend compte de la portée des mots qui viennent de raisonner.
Moi, j'ai envie de me lever et de crier "MERCI !!!".
Tandis que de l'extérieur j'affiche un discret sourire qu'aucun n'aura sans doute remarqué, en dedans je laisse mon coeur se remplir de joie et déborder de l'intérieur jusqu'au bord de mes yeux.
C'est la limite à ne pas franchir au vu des circonstances.
"Travailler à son rythme" cette phrase est folle. Au début je n'y croyais pas tout à fait, à vrai dire, pas du tout. Puis au fil des échanges, des exercices, des questions, je me suis rendu compte que tous ici dans cette classe nous vivions une situation hors du commun.
Avoir du temps pour apprendre, quelle chance. Tant d'enfants sont en échec par manque de temps, de répétition, d'explication, de réflexion, tant d'enfants sont violentés par le rythme imposé, par la peur qui les envahie parce qu'ils ne savent pas ou ne savent plus, parce qu'ils ne veulent pas encore se tromper, encore douter d'eux, perdre confiance, se mésestimer peut-être.
Bien sûr il y a une part d'illusion dans ce que vivent ces élèves car ils devront bien, à un moment ou à un autre, se confronter à la dure réalité d'une classe qui file sans les attendre.
Mais je ne peux pas bouder mon plaisir, je ne dois pas car tout à l'heure je changerai de monde et reviendra alors, à pas cadencés, le rythme qui n'attend pas.
Aujourd'hui j'ai choisi de me laisser porter par cette douceur qui se diffuse tel un parfum de printemps, par ces mots qui semblent nouveaux pour tous et que l'enseignante répète à qui veut l'entendre:
"Nous avons le temps..."