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♥ Carte mentale
Comment simplifier ses propos quand on est pas un spécialiste et que le temps nous manque ?
Comment faire pour donner davantage d'autonomie à l'enfant ?
Réponse: carte mentale
Ce n'est pas la panacée mais elle peut aider dans certaines situations.
Pour ma part, je ne compte plus les fois où j'ai posé une carte mentale devant mon élève en lui disant: "Regarde, je t'explique" et dès qu'il a compris je le laisse faire.
Parfois ça marche extraordinairement bien, d'autres fois ça coince, souvent parce que la carte est trop succincte ou pas assez claire.
Mais sincèrement ça vaut le coup d'essayer !
Voilà, un exemple (réalisé pendant un cours de français niveau 6e).

La plupart du temps (pour ne pas dire tout le temps) , l’AESH fait connaissance avec l’enfant qu’il accompagne le jour J, en classe. Ce n’est pas simple, pas pratique comme situation mais il faut s’en contenter.
En théorie, un temps est prévue pour rencontrer l’enfant avant la classe, mais seulement en théorie.
Parfois, il y a des élèves qui ne seront pas super content de te voir. Ce n’est pas après toi qu’ils en ont, c’est simplement qu’avoir un AESH, ça veut dire, être étiqueté « handicapé ». Ça veut dire aussi ne pas être assis à côté des potes. Peut-être aussi que tu ne sais pas t’y prendre, peut-être que ton odeur l’incommode, peut-être que tu parles trop fort, peut-être que… .
Il faut donc être compréhensif et patient avec l’enfant, et ne pas s’offusquer.
Je me rappelle d'un des premiers élèves que j’ai accompagné, il ne me parlait pas, ne me regardait pas, tout juste si il répondait à mes questions. Au bout de quelques jours, je me suis même demandé si j’allais servir à quelque chose. Puis, peu à peu, il a eu besoin d’un truc et d’un autre, et, l’humour aidant, il m’a accepté.
Cela se produit de temps à autre. Ce n’est pas grave. Il faut juste se dire que, pour lui aussi, c’est dur. Puis attendre.
Ça viendra.
J’ai parfois le sentiment que l’on n’attend pas suffisamment de l’enfant que l’on accompagne. Peut-être même que certains n’en attendent plus rien.
Ils se disent « Vu ses capacités, il n’ira pas très loin ».
Je pense qu’un accompagnant ne doit pas s’arrêter à ça. Il doit regarder plus loin et se dire : « et si tout le monde se trompait ? Je ne perds rien à l’encourager, à l’aider, à croire en lui. »
Une année j’accompagnais un petit en 6e avec un niveau de lecture de CE2 et de CP en écriture. Il disait qu’il était bête et qu’il n’y arriverait pas. Tous les jours ou presque je lui répétais que si il travaillait beaucoup la lecture, l’écriture il pourrait faire de gros progrès.
Au bout de 6 mois, il a commencé à y croire et les progrès furent, certes lents, mais il avait franchi une étape psychologique.
Un enfant, quel que soit son handicap, peut améliorer ses compétences et faire grandir son intelligence, avec l’aide des adultes qui l’entourent.
En pratique cela se manifeste par des encouragements, une aide sincère, par une application à recopier les leçons, prendre des notes, faire une carte mentale, tout ce qui peut montrer à l’élève que sa réussite nous tient à coeur.
Si toi tu crois en cet enfant, il y a de fortes chances pour que lui aussi se mette à y croire.
Pour être accompagnant, il faudrait, dans l'idéal, avoir un bon niveau scolaire dans toutes les matières.
Car oui, en pratique, l'AESH doit souvent expliquer, reformuler, adapter, simplifier la consigne, la notion pour que l'élève en difficulté puisse avoir davantage de chance de comprendre.
Et pour cela il faut sois-même avoir compris ce qui est demandé et être capable de le restituer à l'enfant dans des termes adaptés à ses besoins.
Malheureusement nous ne pouvons pas tout maitriser (même si certains AESH ont un niveau général remarquable).Et quand bien même il est parfois difficile de trouver les bons mots, le bon exemple,la bonne manière dans le temps qui nous est imparti (nous sommes tenus de suivre le cours malgré tout) .
Pour ma part, j'ai de nombreuses lacunes scolaires et, selon les matières et le niveau, mes limites sont vites atteintes. Dans ce cas, je le dis clairement à mon élève: "je n'ai pas compris, demande au professeur".
Cela étonne toujours les élèves qui pensent qu'un adulte -accompagnant de surcroit - doit tout savoir.
Un jour une élève que j'accompagnais en cours de math, niveau 3e suivait un cours de trigonométrie. À la fin de l'explication de l'enseignante et avant les travaux pratiques, je regarde l'élève et lui demande:
"Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas compris ?"
-Je crois que ça va. Et toi, tu as compris ?
-Non, pas du tout, j'aurai au moins besoin d'une bonne heure de plus.
(rires).
On pourrait résumer cela avec cette citation:
“Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d'essayer de paraître ce que nous ne sommes pas. ” La Rochefoucauld